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Les ambitions d’une coopération décentralisée

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Commune de Panazol

Haute-Vienne, France
Économie / 11 novembre 2013 / ID Magazine #1

Les ambitions d’une coopération décentralisée

Les ambitions d’une coopération décentralisée

​Projet ambitieux pour cette petite commune de la Haute-Vienne qui développe une coopération avec son homologue de Diofior, au Sénégal et qui se distingue par l’installation d’un service décentralisé de la commune de Panazol. 

Sujet intéressant, en terme d’expérience et d’expérimentation, parce ce que la coopération, en général, est conduite par des collectivités à dimension telles que Régions, Départements…, mais plus rarement par de petites communes. D’autant que sa finalité passe par la décentralisation d’un de ses services. L’idée d’une coopération reprise par Panazol est venue des travaux que conduit une association nationale, AGIR, à Diofior (150 km au sud de Dakar). Afin d’en préciser les modalités, une convention de partenariat a été conclue entre Panazol et son homologue sénégalaise (2011), comportant les principaux axes de développement : 

- formation professionnelle 

- la Petite enfance et la jeunesse

- les sports et la culture 

- les technologies de l’information et de la communication 

- l’Environnement, la santé et l’action sociale 

- le renforcement des capacités d’administration de la collectivité (état civil…). 


Des axes de développement qui seront validés après plusieurs missions conduites notamment par Christophe Verger, le DGS de Panazol. Elles vont se formaliser par un Diagnostic Territorial (Juillet 2013) :

- Recensant et analysant les besoins locaux. 

- Identifiant les acteurs ressources et les partenaires locaux. 

- Définissant les axes principaux de développement. 

- Traduisant les besoins locaux en objectifs.

- Déterminant les moyens à mettre en oeuvre pour l’atteinte de ces objectifs. 

- Définissant les outils d’évaluation des actions de développement. 

Mais, pour y parvenir, des appuis et concours techniques, juridiques et financiers extérieurs s’imposaient. Ils viendront en particulier du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, de la Région du Limousin, des organismes consulaires de la Haute-Vienne (Chambre d’Agriculture, Chambre de Commerce et d’Industrie et Chambre de Métiers). Soucieuses de promouvoir les valeurs liées à la protection de l’enfance, à l’éducation, et à la citoyenneté, le premier projet retenu par les deux collectivités verra la création d’un Conseil Municipal des Enfants, à Diofior. Sur la base d’un partage d’expérience, les jeunes écoliers de Diofior ont pu bénéficier de l’aide des jeunes conseillers municipaux de Panazol (contacts et échanges réguliers de correspondances par internet, visioconférence par webcam, transmission des documents établis par la Ville de Panazol…). Grâce à ces échanges, le Conseil Municipal des Enfants est désormais installé à Diofior, depuis septembre 2011. Vraisemblablement, le premier au Sénégal ! 

Transfert de compétences

Parallèlement, la Ville de Panazol a accompagné la Ville de Diofior, dans un projet de mise en place d’une cyberbase, au Centre de Documentation et d’Information. Une dotation d’ordinateurs a ainsi été réalisée au cours du mois de novembre 2011 par l’intermédiaire de l’association AGIR, action financée par la Ville de Panazol, complétée par l’acheminement d’ouvrages de la médiathèque municipale destiné à la bibliothèque du CDI… Sans aucun doute, l’originalité de cette coopération repose sur l’installation d’un service décentralisé, de la commune de Panazol, interface entre Panazol et Diofior, avec la mise à disposition d’une jeune volontaire (Master 2 en migration internationale et développement locale) qui y séjournera pendant 9 mois et qui assurera le suivi et le relais entre les deux communes. Depuis trois mois, Maëva Recoule travaille en lien direct avec Christophe Verger sur les différentes actions à développer et inscrire dans le temps, « puisque notre volonté est de créer des bases durables d’une coopération décentralisée institutionnelle », souligne le DGS de Panazol et de poursuivre, « institutionnelle, parce que correspondant à des règles juridiques, administratives et financières propres aux collectivités qui sont des contraintes fortes, à la différence des associations qui ont plus de souplesse dans leur gestion. Nous n’avons pas la prétention d’aborder toutes les problématiques et tous les domaines, notre ambition étant de fédérer un réseau de partenaires, c’est le cas avec les chambres consulaires. De la même manière, nous avons un contact avec l’institut d’administration des entreprises qui pourrait envoyer deux étudiants pour un diagnostic des équipements sanitaires et sociaux ». D’une grande et généreuse idée, Panazol est désormais dans le vif du sujet. 

Daniel Simon


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