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Carburer à la vapeur d’eau

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Environnement / 01 décembre 2014 / ID Magazine #12

Carburer à la vapeur d’eau

Si l’idée semble originale, le procédé a fait ses preuves. Depuis 2008, la ville de Cahors expérimente un système de dopage à l’eau sur un véhicule de sa flotte municipale. Le principe : utiliser de la vapeur d’eau pour faire baisser la pollution et la consommation.

Le premier essai, dès 2008

Ajouter de la vapeur d’eau dans le moteur d’un véhicule pour faire baisser la pollution et la consommation en carburant, l’idée peut sembler saugrenue…Pourtant, la Ville de Cahors a tenté l’expérience, dès 2008, sur un des véhicules de la flotte municipale. A l’origine de cette initiative originale : Alexandre Tornel. L’agent, qui travaille au service financier de la Ville, est également un passionné d’automobile. « J’ai découvert ce système de dopage à l’eau au début des années 2000 », explique-t-il. « Quand la Ville a créé un service développement durable et initié son Agenda 21, j’ai proposé cette idée ». Vu l’originalité du projet, « il a fallu convaincre les élus », concède Alexandre Tornel. Mais le maire de l’époque, Marc Lecuru, a décidé de tenter l’expérience, et lui a laissé carte blanche. « Le maire m’a mis à disposition une Peugeot 306 qui nous a servie de laboratoire roulant ». Pour mener à bien ce projet, Alexandre Tornel constitue une équipe de volontaires : mécaniciens, soudeurs ou encore plombiers participent à l’aventure, encadrés par Alexandre Grégoire, ingénieur.

Un équipement fabriqué de A à Z

En une semaine, en janvier 2008, l’équipe fabrique de A à Z le dispositif, qui est installé sur la Peugeot. « Le dernier jour, nous avons effectué le premier essai », se souvient Alexandre Tornel. « Nous avons roulé sur une centaine de kilomètres, empruntant des lignes droites et des routes sinueuses ».Et les résultats escomptés sont au rendez-vous, avec une baisse de la consommation de l’ordre de 20 %, et une chute de la pollution de 70 %. 

Top Manager
Carburer à la vapeur d’eau Le système posé sur la 306 a été fabriqué de A à Z dans les ateliers de la Ville de Cahors.

​Trouver le bon véhicule 

Des tests plus poussés ont montré que le système ne montrait pas la même efficacité, selon le type d’utilisation du véhicule. En effet, des essais ont été notamment menés sur un véhicule du service des eaux et assainissement destiné au relevé des compteurs. Mais les résultats n’étaient pas concluants, « car la voiture s’arrêtait trop souvent et le système n’avait pas le temps de chauffer ». L’équipe a donc décidé de privilégier ce système de dopage à l’eau pour une voiture destinée aux trajets longues-distances. En juillet 2014, le système a été démonté, « car la voiture arrivait en bout de course…Mais le système est, quant à lui, en parfait état ». 

Rebelote en 2013 

Le premier test concluant a entraîné, l’année dernière, l’équipement d’un deuxième véhicule. « Nous avons procédé différemment », indique Alexandre Tornel. Le véhicule concerné, un monospace Fiat Ulysse diesel, a été équipé d’un kit vendu clé en main. Après une demi-journée d’installation - le 14 juin 2013 - et un investissement total de 900 €, le véhicule était fin prêt. Et les résultats sont tout aussi satisfaisants. « Le système fonctionne bien et nous avons les mêmes résultats qu’avec le précédent système », remarque Alexandre Tornel. Moins encombrant, ce nouveau kit offre de nouvelles perspectives. « Nous réfléchissons à équiper les petites balayeuses de la Ville de ce système de dopage à l’eau, car elles sont particulièrement gourmandes en carburant », conclut l’agent de la Ville de Cahors. 

Pierre-Laurent Pizy


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