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Les abeilles traquent la pollution

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Communauté de communes du Bassin de Marennes

Environnement / 20 novembre 2015 / ID Magazine #22

Les abeilles traquent la pollution


Les abeilles font du miel, mais pas seulement. La Communauté de communes du bassin de Marennes utilise ces petites bêtes pour surveiller la qualité environnementale d’un site voué à devenir une zone d’activités. 


Les abeilles traquent la pollution

​Le projet

Dans la zone du Gua, sur la communauté de communes du Bassin de Marennes, quelques ruches ont fait leur apparition à l’été 2012. Les abeilles qui vivent ici n’ont pas pour seul objectif de produire du miel…Elles sont aussi là pour mesurer la qualité environnementale du site.

Cette initiative est le fruit de la CDC de Marennes, dans le cadre d’un projet d’aménagement. « Cette démarche s’inscrit en effet dans l’aménagement d’une nouvelle ZA sur notre territoire », explique Joël Barreau, Directeur général des services de la communauté de communes du Bassin de Marennes. « Les élus avaient à cœur d’être exemplaires sur cette zone d’activités, en termes de développement durable ».

Une rencontre avec Apilab, une société qui propose un suivi de la pollution environnementale par le biais des abeilles, va se concrétiser avec l’installation de 3 ruches sur la zone d’une dizaine d’hectares, qui accueillera des activités artisanales. Aujourd’hui, ce projet se précise : « Le permis d’aménager est déposé. Les travaux devraient commencer en 2016 », précise le DGS de la CDC.

Le rôle des abeilles

Les abeilles présentes sur le site vont permettre « de mesurer l’impact de l’aménagement de cette zone sur la pollution », résume Joël Barreau. « L’abeille joue alors le rôle de capteur de pollution »

Les ruches disposées sur le site sont gérées par un apiculteur local. L’entreprise se déplace régulièrement et procède à des prélèvements d’abeilles trois fois par an. L’analyse de ces abeilles par Apilab permet :

∙ De mesurer la quantité de polluants pour les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), métaux lourds, PCB (Polychlorobiphényle), hydrocarbures, pesticides, etc.

∙ De détecter des particules fines et particules grossières

∙ De mesurer la santé de l’abeille par des biomarqueurs.

Toutes ces informations permettent d’avoir, grâce aux abeilles, un état des lieux de la qualité de l’air sur le site. Ces analyses sont ensuite transmises à la collectivité. « Notre objectif est de mesurer la pollution du site à l’état naturel, puis lors de la phase de travaux, et enfin lors de l’exploitation de la ZA », détaille Joël Barreau. L’ensemble de ces données formera un panorama global de l’impact de la zone d’activités sur la pollution du site.

Des capteurs dans les ruches

La société Apilab, qui développe cette démarche de contrôle environnemental via les abeilles, propose également un suivi en continu de l’environnement avec son système « Apialerte ». Les ruches sont alors équipées de capteurs permettant de mesurer, à distance et en temps réel, l’activité des colonies d’abeilles et de générer des alertes lorsque des données anormales sont relevées. Un compteur, capable de comptabiliser le nombre d’entrées et de sorties d’abeilles de la ruche, apporte des informations qui peuvent s’avérer utiles. En effet, si le nombre de sorties est anormalement plus élevé que le nombre d’entrées, cela traduit une mortalité importante d’abeilles, qui peut être dû à des conditions environnementales défavorables. Une alerte est alors lancée pour pouvoir déterminer les causes de cette mortalité.

Les chiffres :

3 ruches installées sur le site

3 prélèvements réalisés chaque année 


Pierre-Laurent Pizy 


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