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Entretien Stéphane Pintre Président SNDGCT

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Économie / 01 juin 2015 / ID Magazine #18

Entretien Stéphane Pintre Président SNDGCT

Le Syndicat national des Directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) organise sa Conférence nationale, les 26 et 27 juin et son Congrès, tout début octobre. L’occasion pour Stéphane Pintre, président du Syndicat, d’aborder les thèmes d’actualité qui concernent directement les collectivités territoriales.


Entretien Stéphane Pintre Président SNDGCT

Quel est votre sentiment sur la réforme territoriale qui est menée en ce moment ?

En tant qu’organisation professionnelle, nous sommes favorables au principe d’une réforme territoriale, afin de clarifier l’organisation territoriale et les compétences de chaque collectivité. Nous sommes face à un « crumble territorial » avec des compétences qui s’enchevêtrent entre les différentes collectivités, pouvant même aller jusqu’à la concurrence. Une réforme était donc nécessaire, mais nous sommes déçus de la tournure des événements. Cette réforme aboutit à une situation encore plus compliquée et qui n’apporte pas une vision claire. 

Et sur la refonte des régions plus particulièrement ?

Concernant les régions, nous sommes favorables à la création de grandes régions, même si nous regrettons que les choix aient été imposés et menés dans la précipitation. Il faut laisser aux territoires le soin de s’organiser. Pour les Départements, nous nous étions auparavant exprimés pour leur suppression, mais la création de grandes régions change la donne. Nous pensons que les conseils départementaux sont toujours nécessaires dans les territoires plus ruraux, mais qu’ils n’ont pas vraiment de raison d’être, quand il y a la présence d’une grande métropole. Le cas de Lyon métropole est un exemple à suivre, même s’il ne peut pas être applicable partout.

La mutualisation est-elle selon-vous une bonne chose ? 

Beaucoup d’espoirs ont été fondés sur cette mutualisation, mais il s’agit sans doute de faux espoirs. Celle-ci est nécessaire, mais elle ne doit être qu’une étape vers un processus plus intégrateur, à l’image des fusions ou des communes nouvelles. Si ces mutualisations ont l’avantage de permettre une meilleure coordination, il ne faut pas en espérer des gains financiers importants. 

Quelles sont les conséquences des baisses des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales ? 

Cela nous paraît normal que les collectivités locales participent au redressement des comptes publics. Mais on a l’impression qu’une grosse partie du déficit public est lié aux collectivités locales : ceci est totalement faux. Il ne faut pas oublier que les collectivités locales soutiennent à 70% l’investissement public et qu’elles assument de nombreux services directs aux habitants. La baisse de ces dotations de l’Etat et l’augmentation des charges qui pèsent sur les collectivités territoriales ont forcément des conséquences. Les budgets sont devenus très compliqués à gérer et les collectivités ont déjà rationnalisé leurs dépenses. Si on coupe encore dans les dotations, il y aura des conséquences sur les investissements publics et sur les services publics. 

Pierre-Laurent Pizy

Renseignements et informations complémentaires sur www.congres-sndg.info

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