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Sophia-Antipolis couve ses start-up

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Communauté d’agglomération de Sophia Antipolis

Alpes-Maritimes, France
Économie / 01 décembre 2013 / ID Magazine #2

Sophia-Antipolis couve ses start-up

Sophia-Antipolis couve ses start-up

​C’est avec succès que la Communauté d’Agglomération Sophia- Antipolis, 1ère technopole européenne à accueillir les entreprises et les centres de recherche dans les domaines des hautes technologies, couve ses jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, en soutenant la création et le développement de leur start-up. 

La chaîne de l’innovation, mise en place par la Communauté d’Agglomération d’Antibes démontre pleinement son efficacité, en terme d’accompagnement de ces entreprises, depuis l’université, jusqu’au marché. Dans un environnement propice, le Business Pôle, site dédié à cet effet, fait ainsi passer en souplesse les toutes jeunes start-up, de la phase post universitaire, dite d’incubation, à la pépinière, en leur assurant toutes les garanties de tarifs privilégiés et de services liés à leurs activités de pointe… Parce que l’essentiel de la croissance économique sur Sophia transite par les start-up, ce pôle de création et de développement des entreprises innovantes, a véritablement fait son nid. A l’initiative du Business Pôle, Laurent Carrié, Directeur général des services de Sophia-Antipolis, explique que jusqu’à ces deux dernières années, il n’y avait pas de structure d’hébergement pour aider ces entreprises à se développer sur la technopole. Mis en service en novembre 2011, puis aménagé progressivement l’année suivante, le Pôle est aujourd’hui victime de son succès, ne disposant plus de solutions d’accueil, si ce n’est la petite marge nécessaire pour le développement des entreprises accueillies ! La construction d’une deuxième tranche, dans le prolongement du Business Pôle, est en cours actuellement... 

Daniel Simon

Du pragmatisme avant tout 

Vos contraintes spécifiques pour mener à bien ce projet ?

Nous devions faire en sorte d’avoir un bâtiment complet en permanence, pour répondre à la fois à la demande des start-up et en même temps ne pas les freiner dans des engagements d’une trop longue durée d’occupation, dès qu’elles ressentent le besoin de se développer autre part. Leur hébergement est souple dans le sens où elles payent un prix peu élevé pour un accompagnement maximum et en même temps leurs contraintes d’occupation sont assez faibles, puisqu’elles peuvent partir assez rapidement, selon leur potentiel de développement. A charge pour nous de veiller en permanence, à leur permettre de continuer à se développer, tout en équilibrant financièrement le Business Pôle.

Incubation, pépinière, mais aussi Soft Landing, en hébergeant ces entreprises, quel risque la collectivité prend-elle ?

Outre la partie incubation et pépinière, effectivement, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait une demande très forte sur Sophia d’un accueil Soft Landing. Il s’agit d’entreprises extérieures à la recherche d’une implantation sur notre territoire, souhaitant faire du repérage et louer un espace pour une durée courte, en attendant de trouver un lieu définitif. En les recevant, nous prenons un risque économique calculé, parce que nous leur offrons un accueil qui leur permet de rebondir plus vite ailleurs. En gros, nous leur disons « venez chez nous, si vous trouvez quelque chose à côté, nous vous laissons partir ». La contrainte est d’arriver à allier les objectifs de développement économique des entreprises implantées sur Sophia et l’équilibre financier de l’opération. Le but étant d’avoir un bâtiment pas trop plein, avec de l’espace qui permette le développement des ces entreprises.

La méthodologie appliquée et les difficultés que vous avez rencontrées dans ce projet ? 

Nous avons procédé par étape. La première a été la mise en place d’une pépinière hébergeant les entreprises en contrat location, le temps de leur laisser préparer un projet de plus grande envergure à moyen terme. Dès lors que nous avons trouvé le bâtiment, nous l’avons acheté. La première difficulté a été de bien le dimensionner, pour faire en sorte qu’il soit impérativement et au maximum dédié aux activités économiques. Le 1er écueil a été financier, notre but étant de rentabiliser l’espace. Au moment de la sélection de ce bâtiment, nous avons observé que bon nombre de ceux qui nous étaient proposés étaient beaucoup trop grands, avec une très faible rentabilité et des espaces inexploitables. Il nous appartenait de trouver le bon bâtiment qui permette une rentabilité maximale. Ce pôle répond à nos exigences, de par son taux de surface utile de 70 %, ses espaces morts ou non exploités assez faibles. Le 2e écueil, au départ, a été la tentation d’occuper le bâtiment vide, soit avec des entreprises qui ne sont pas forcément dans la logique du bâtiment, soit en y mettant une part plus importante que prévue, d’associations, de clubs ou d’accompagnants. Nous tenions vraiment à ce que plus de la moitié du lieu soit réservée aux activités économiques et que le reste soit des accompagnants. Enfin, 3e écueil, c’est la frontière entre le public et le privé. Nous intervenons à la marge, dans la mesure où nous récupérons des entreprises non encore viables, pour les aider à se mettre sur le marché. Nous devons éviter de nous ingérer dans leurs affaires, dès l’instant qu’elles sont en mesure de se développer. 

Justement, en accompagnant des entreprises privées, grâce à l’efficience du Business Pôle, répondez-vous à votre mission de service public ?

Complètement ! Et c’est la raison pour laquelle, il faut être pragmatique et fonctionnel, dans ce type d’opération. Nous sommes là pour offrir un service de qualité, à la croisée de l’intérêt général et du marché privé. Cette réalisation colle parfaitement à l’efficience territoriale, car au coeur du rôle des collectivités locales. Ce travail là, si nous ne le faisions pas, personne ne le ferait. Le critère n°1 étant la création d’emplois, intimement liée à la création positive, donc pérenne de start-up…

Propos recueillis par Daniel Simon


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