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Puits de carbone

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Technologie / 07 février 2017 / ID Magazine #35

Puits de carbone

​Energies

Un puits de carbone pour capter le CO2

Toujours à la recherche d’innovation pour réduire son empreinte écologique, le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne expérimente sur son site de Colombes un puits de carbone. Et ce n’est pas le seul projet dans ce domaine pour le Syndicat…

Puits de carbone

​Economiser et valoriser les ressources

L’installation d’un puits de carbone sur le site de l’usine de Colombes du SIAAP marque une avancée considérable dans la recherche menée dans ce domaine. Il répond à un objectif précis : lutter contre le changement climatique. Concrètement, ce puits de carbone doit capter le CO2 issu des fumées des fours de l’usine pour le transformer en énergie verte (voir encadré et infographie).

Cette expérimentation représente une première : ce procédé est en effet, pour la première fois, testé en grandeur nature et en milieu industriel.

Pour le SIAAP, Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne, cette initiative s’inscrit dans un plan stratégique visant à réduire l’empreinte écologique et entamer la transition énergétique. Dans cette optique, le Syndicat considère de plus en plus « les eaux usées comme des ressources, et l’assainissement comme une voie de recyclage des sous-produits de l’activité humaine ».

Ainsi, le SIAAP multiplie les recherches et les expérimentations dans le but d’économiser et de valoriser ses ressources sans perdre de vue sa mission première : la préservation de la Seine et du milieu naturel en générant la plus faible empreinte environnementale possible.

Du labo à l’expérimentation sur le terrain

Déjà testées en laboratoire, les conditions optimales de fonctionnement du Puits de carbone ne l’ont pas encore été en grandeur nature. Or, cette nouvelle étape va permettre de répondre à de nombreuses questions dont les réponses ne sont pas encore précisément connues : Quel est l’impact du Puits de carbone sur les micropolluants de l’air ? Quelles quantités de biomasse et d’oxygène ce procédé peut-il produire ? Quel est le pouvoir méthanogène de la biomasse produite par les microalgues ? Comment affiner les réglages en cas de fortes concentrations en CO2 ?

Depuis le mois de janvier et jusqu’au mois de juin, des tests seront réalisés pour analyser les différents paramètres, « sur le terrain ».

Ces 6 mois de tests vont permettre d’affiner les réglages et donc d’optimiser le fonctionnement du Puits de carbone.

Le biogaz donne déjà des résultats

Le SIAAP est en pointe en matière de biogaz. Depuis 2015, le pilote BioGNVAL installé sur le site de l’usine de Seine amont valorise le biogaz issu du traitement des eaux usées en le transformant en une énergie renouvelable et facilement stockable : le biométhane liquide (BioGNL), un nouveau carburant propre très prometteur.

Autre objectif : épurer le biogaz afin de pouvoir l’injecter dans le réseau GRDF ou le stocker plus facilement sur le site de l’usine.

Déjà, grâce aux nombreuses actions menées par le SIAAP et en réutilisant le biogaz produit sur son site, Seine aval a réussi à considérablement limiter le recours au gaz naturel et donc réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 62,5 % des besoins énergétiques de l’usine sont autoproduits à partir de la valorisation du biogaz.

Les chiffres :

Le pilote installé dans l’usine de Colombes peut capter 1 tonne de CO2 par an, ce qui équivaut à :

1 aller-retour en avion Paris - Washington (USA) pour 1 personne

ou

5560 km en Renault Clio Essence


La co-méthanisation : un projet co-construit !

Le SIAAP s’est associé au Syctom (Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de la région parisienne) pour mener un autre projet d’envergure de co-méthanisation. Cette démarche commune et inédite de Recherche et Développement vise à méthaniser à grande échelle et dans un même équipement à la fois des boues de stations d’épuration, et la fraction organique issue des ordures ménagères résiduelles.

Une fois épuré, le biogaz produit pourrait être injecté dans le réseau de gaz naturel ou utilisé et valorisé sur le site industriel pour réduire l’apport d’énergie externe. Pour ce projet, les deux structures se sont orientées vers une procédure de marché public d’un nouveau genre : le partenariat d’innovation.

Lancé fin 2016, cet appel d’offres doit aboutir fin 2017 à l’attribution d’un ou de plusieurs groupements. Les travaux de recherche devraient être menés au cours du premier semestre 2018. Après l’examen des résultats, la mise en oeuvre du pilote industriel est prévue pour le second semestre 2018. Pour ce projet innovant de grande ampleur, le SIAAP et le Syctom ont dégagé un budget conséquent : 90 millions d’euros.

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