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Aménagements paysagers Préserver les traces du passé

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Métropole Rouen Normandie

Environnement / 04 février 2016 / ID Magazine #24

Aménagements paysagers Préserver les traces du passé

​Pour redonner vie à la presqu’île Rollet, Métropole Rouen Normandie a notamment créé un vaste parc urbain. Ce projet a reçu un Prix de l’aménagement urbain et paysager, dans la catégorie biodiversité.

​Réutiliser les matériaux

A Rouen, en bords de Seine, la presqu’île Rollet est devenue un espace dominé par la végétation. Un virage à 180° pour cette zone « qui était auparavant un site industriel et portuaire », explique Bertrand Masson, directeur de l’Aménagement et des grands projets à la Métropole Rouen Normandie.

Il s’agissait en effet de « l’île au charbon », un endroit où était stocké le charbon. Transformée aujourd’hui en « île naturelle », la presqu’île Rollet s’inscrit dans l’éco-quartier Flaubert. Ce « passé industriel très lourd » a été totalement intégré dans la conception du parc urbain qui prend place maintenant ici.

La préservation des traces de ce passé et de cette mémoire se traduit notamment par la réutilisation de matériaux déjà présents sur place. « Nous avons par exemple réutilisé des rails, des pavés ou encore des dalles de béton », détaille Bertrand Masson. La collectivité y voit un triple avantage : « il y a un intérêt écologique, mais également économique. C’est aussi une façon de préserver la mémoire de ce lieu ».

Quelques grandes photos jalonnant le parc rappellent également l’activité industrielle du site.

Une forêt créée pour la biodiversité

Dans cet « espace de reconquête », les concepteurs ont opté pour la création d’une grande butte boisée. Là encore, les objectifs poursuivis sont multiples. « Comme nous sommes sur un ancien site industriel, nous avons dû gérer des terres impactées. Les terres faiblement polluées ont été confinées et ont permis de créer cette grosse butte boisée. Bien entendu, tout cela est très suivi ».

La butte forestière, d’une hauteur de 4 mètres et d’une superficie de plus de 2 hectares permet de contenir le volume de déblai (environ 70 000 m3) généré lors des terrassements des espaces en bords de Seine. Et d’éviter de les évacuer.

Cette butte forestière permet également de créer une « niche écologique» où la faune pourra se développer. 100 000 jeunes plants ont servi à créer cette butte boisée. « Nous avons en effet voulu favoriser le retour d’une nouvelle flore et d’une nouvelle faune ». Pour accentuer cet effort, des nichoirs et des hôtels à insectes ont par exemple été installés.

Les berges ont également été réaménagées. Certains quais ont été cassés afin de créer des berges plantées « pour avoir un rendu davantage végétalisé ».

Un entretien « raisonné »

Lors de la création d’un parc urbain, la question de l’entretien de celui-ci est primordiale. « Nous avons provoqué des échanges entre les concepteurs du parc et les gestionnaires afin de s’assurer que l’esprit du parc sera préservé », note Bertrand Masson.

L’entretien est réalisé sans aucun produit phytosanitaire, et s’effectue de façon différente selon les zones : « certains endroits sont tondus ou fauchés, d’autres ne subissent pas d’intervention. Tout cela favorise également une certaine biodiversité ».

Un parc dans un éco-quartier ambitieux

La Presqu’île, vaste espace paysager de loisirs et de détente ouvert sur le fleuve, est la première réalisation de l’éco-quartier Flaubert de la métropole rouennaise. Ce parc entre donc dans le cadre de la mutation des bords de Seine.

Le long du fleuve, une grande promenade de près de 2 km de long mène du pont Guillaume le Conquérant à la pointe de la presqu’île Rollet.

Plus largement, l’éco-quartier Flaubert, c’est :

∙ 160 000 m² dédiés à l’économie

∙ 210 000 m² dédiés à l’habitat

∙ 28 000 m² d’équipements et de commerces de proximité

Le coût global de l’aménagement des bords de Seine et de la Presqu’île s’élève à

11 098 154 euros HT, financés ainsi :

∙ Métropole Rouen Normandie : 2 219 631 euros (20 %)

∙ Région Haute-Normandie : 4 521 601 euros (40,74 %)

∙ Département de Seine-Maritime : 1 796 922 euros (16,19 %)

∙ FEDER : 2 560 000 euros (23,07 %)

Pierre-Laurent Pizy


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