Recherche...

Zone fibrée : une solution pour développer la fibre optique

Retour à la liste des articles
Technologie / 29 janvier 2018 / ID Magazine #46

Zone fibrée : une solution pour développer la fibre optique

Le constat est sans appel. Depuis plusieurs années, le déploiement de la fibre en France prend du retard. Pour l’accélérer, des solutions sont posées sur la table, à l’image du statut de « zone fibrée ». Cet outil séduit déjà certains groupements de collectivités et pourrait débloquer de nombreuses situations.

Zone fibrée : une solution pour développer la fibre optique

EN QUOI CONSISTE LE STATUT DE « ZONE FIBRÉE » ?

Portée par le sénateur de l’Ain Patrick Chaize, également président de l’AVICCA (Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel), cette proposition de statut de « zone fibrée » permet d’encourager les utilisateurs - particuliers et professionnels - à opter pour la fibre plutôt que le cuivre (ADSL). Le but ici est « d’éteindre » le cuivre dans les territoires où la fibre optique est déjà largement déployée. Très naturellement, l’annonce de la disparition du réseau cuivre dans les zones concernées va pousser les usagers à se tourner vers la fibre, dont le débit est nettement plus haut que celui du cuivre.

Si cette proposition se heurte à certaines réticences, et notamment de l’opérateur historique qui souhaite continuer d’exploiter un réseau cuivre encore rentable pour lui, cette proposition de zone fibrée avance : L'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) a été mandatée pour proposer un cahier des charges, et ainsi les critères d’une zone « fibrée ». Ce cahier des charges, publié au Journal Officiel en septembre dernier, doit à présent être validé par le Gouvernement.

QUEL RÔLE JOUENT LES COLLECTIVITÉS DANS CE DOMAINE ?

Les collectivités territoriales sont au cœur de ce déploiement de la fibre. Elles s’organisent notamment à travers des RIP : ces Réseaux d’initiatives publiques permettent de favoriser le déploiement de la fibre dans les zones moins denses. Ils permettent de coordonner et impulser l’aménagement du numérique, à travers un projet associant les collectivités, l’Etat et les opérateurs privés. Le but final : proposer à l’ensemble des Français un accès satisfaisant au Très Haut Débit. 


Les entretiens : 

PHILIPPE AUGIER, président de la Communauté de commune Cœur Côte Fleurie

« Contrer la fracture territoriale »

En quoi la fibre est-elle essentielle pour le développement de Cœur Côte Fleurie ? 

Nous avons sur notre territoire des communes urbaines et rurales, et le déploiement de la fibre optique nous est très vite apparu comme un outil essentiel. Nous souhaitons que le Très Haut Débit puisse bénéficier aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers. Nous avons agi en ce sens, et nous sommes devenus la première collectivité publique à couvrir 100% de notre territoire.

En quoi le statut de « zone fibrée » peut-il être bénéfique pour votre RIP ?

Pour les RIP comme le nôtre, ce statut de « zone fibrée » est la solution pour encourager le développement de la fibre dans notre territoire. Nous avons été pionnier en déposant, dès avril 2016, un dossier pour bénéficier de ce statut. Nous attendons maintenant le décret d'application.


PATRICK CHAIZE, sénateur de l’Ain et président de l’AVICCA (Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel)

« Favoriser le basculement vers la fibre »

Quel est l’objectif visé par la création du statut de « zone fibrée » ?

Le premier objectif de cette proposition est de lancer un signal fort aux collectivités qui investissent dans le déploiement de la fibre, et d’affirmer que le réseau de demain, c’est celui de la fibre, et non plus le réseau cuivre : c’est le sens de l’histoire… Et nous n’avons pas les moyens d’avoir deux réseaux.

Quel est le principe de ce statut ?

Dans les zones où la fibre est suffisamment déployée, le but est de déclencher des mesures qui permettent de faciliter la transition du cuivre vers la fibre, et que les usagers aient ainsi tout intérêt - financièrement - à opter pour la fibre plutôt que le cuivre. Ainsi, dans ces zones identifiées, le réseau fibre se substituera au réseau existant. Il faut penser ce statut de « zone fibrée » comme un outil mis à la disposition des acteurs du monde numérique pour basculer plus rapidement vers la fibre.


RÉGIS BAUDOUIN, directeur de la Mission Très Haut Débit au sein de l’Agence du Numérique.

« Les projets portés par les collectivités sont aujourd’hui tous entrés dans leur phase opérationnelle »

Plan France THD : où en sommes nous aujourd’hui en matière de déploiement ?

Le Plan France Très Haut Débit vise à offrir un accès au très haut débit d'ici 2022 pour tous les Français. Les collectivités territoriales ont la responsabilité de mettre en oeuvre des réseaux d’initiative publique (RIP), pour assurer la couverture en très haut débit dans les zones rurales, grâce aux différentes technologies disponibles. S’agissant de la « zone d’initiative publique», les projets portés par les collectivités sont aujourd’hui tous entrés dans leur phase opérationnelle. Le déploiement des différentes technologies va se poursuivre jusqu’en 2022.

Comment faire travailler ensemble les collectivités territoriales et les grands opérateurs pour accélérer le déploiement de la fibre ?

Ce sont les collectivités territoriales, grâce au financement public des différents échelons de collectivités, de l’Etat et de l’Union européenne, qui élaborent des projets d’envergure a minima départementale pour la construction et l’exploitation de ces réseaux. Pour cela, les collectivités mobilisent les opérateurs dans un cadre contractuel afin de mettre en oeuvre ces projets industriels. En plus d’apporter leur savoir-faire et leur expertise métier, les opérateurs peuvent également apporter des financements privés à ces projets.

Quel rôle joue l’Agence du Numérique dans ce grand projet de déploiement du très haut débit en France ?

L’Agence du Numérique assure le pilotage du Plan France Très Haut Débit (PFTHD). Concrètement, elle accompagne au quotidien la conception puis la mise en oeuvre des projets de RIP portés par les collectivités territoriales, instruit leurs demandes de subventions dans le cadre des 3,3 milliards d’euros consacrés par l’Etat au PFTHD.

Retour à la liste des articles