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Greentech Innovation : le réacteur de la transition écologique

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Contenu rédigé par Damien Dutreuil

Dernière mise à jour : 27 août 2025

Le défi est immense : concilier croissance économique et impératifs écologiques. Une équation complexe que l’État français tente de résoudre en misant sur l’innovation. Au cœur de cette stratégie, une initiative se distingue : Greentech Innovation. Pilotée par le ministère de la Transition écologique, elle est devenue en quelques années un véritable label d’excellence et un accélérateur pour les pépites technologiques vertes du pays. Une initiative primordiale pour faire émerger les solutions qui construiront l’économie décarbonée de demain.

Derrière l’étendard Greentech Innovation se cache une structure agile et déterminée : l’Ecolab. Véritable laboratoire d’innovation du Commissariat général au développement durable (CGDD), l’Ecolab est le bras armé de l’État pour sourcer, accompagner et propulser les start-ups et PME qui développent des solutions pour la transition écologique. Loin d’être un simple guichet à subventions, sa mission est de créer un écosystème dynamique où entrepreneurs, chercheurs, investisseurs et acteurs publics collaborent pour faire émerger les champions de l’économie de demain.

Un label pour identifier et propulser les pépites

Le fonctionnement de Greentech Innovation repose sur un processus de sélection rigoureux, incarné par un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) annuel. Chaque année, des dizaines d’entreprises de toute la France soumettent leur candidature, espérant décrocher le précieux label. Les critères sont exigeants : il ne suffit pas d’avoir une idée « verte », il faut démontrer le caractère innovant de sa technologie, la solidité de son modèle économique et, surtout, l’impact positif mesurable de sa solution sur l’environnement.

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Les lauréats, qui forment des promotions annuelles, rejoignent alors une communauté de plus de 300 entreprises. Pour elles, le label est bien plus qu’une simple ligne sur une plaquette commerciale. C’est un gage de crédibilité qui ouvre des portes, souvent difficiles à pousser pour de jeunes pousses. Il offre une visibilité accrue, avec une présence sur des événements majeurs comme Vivatech à Paris, le grand rendez-vous mondial de la tech, où les start-ups Greentech disposent d’un stand commun.

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Maxence Chotard, le PDG d’Eisox, une entreprise lauréate qui a développé un système de pilotage intelligent pour les bâtiments, témoigne du « coup de boost » apporté par le label. « La labellisation a considérablement accru notre notoriété », explique-t-il. Au-delà de la visibilité, c’est l’accès à un réseau de premier plan qui fait la différence. Les lauréats sont mis en relation avec des grands comptes, des investisseurs et d’autres entrepreneurs engagés, notamment via la communauté du Coq Vert de Bpifrance.

Fédérer et accélérer : la double mission de Greentech Innovation

Au-delà de la simple labellisation, l’ambition de Greentech Innovation est de jouer un rôle de fédérateur de l’écosystème national. Il ne s’agit pas seulement de soutenir des entreprises une par une, mais de créer une véritable filière française de l’excellence environnementale. Pour cela, l’initiative anime un réseau de plus de 40 incubateurs partenaires, baptisé Green20, répartis sur tout le territoire.

Ce maillage assure une détection fine des pépites au plus près de leur lieu d’émergence et garantit un accompagnement de proximité. L’objectif est de briser les silos pour que les bonnes idées circulent, que les retours d’expérience se partagent et que les synergies se créent entre les différents acteurs, qu’ils soient publics ou privés.

La seconde mission, et la plus fondamentale, est l’accélération du développement des entreprises. Une fois labellisées, les start-ups bénéficient d’un programme d’accompagnement sur-mesure. Celui-ci s’articule autour de trois axes stratégiques. Le premier est l’accès au marché, véritable nerf de la guerre.

Greentech Innovation facilite les mises en relation avec de grands groupes privés en quête de solutions durables et, surtout, avec la commande publique. L’initiative promeut activement l’achat public innovant, un levier puissant mais souvent sous-exploité. Le deuxième axe est le financement. Si le label n’est pas une aide financière directe, il confère une crédibilité qui facilite grandement les levées de fonds auprès d’investisseurs spécialisés. Enfin, le troisième axe est le renforcement de l’expertise, via des ateliers thématiques, des webinaires et un accès privilégié aux experts techniques et réglementaires du ministère.

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Ecolab, le bras armé de l’État pour une écologie par la preuve

Si Greentech Innovation est la vitrine, l’Ecolab en est la salle des machines. Le rôle de ce laboratoire d’innovation du ministère va bien au-delà du pilotage du programme. Sa mission première est de mobiliser la donnée et l’intelligence artificielle pour objectiver et piloter les politiques de transition écologique.

L’Ecolab part d’un principe simple : pour agir efficacement, il faut d’abord mesurer précisément. Le laboratoire travaille donc à rendre les données environnementales publiques (qualité de l’air, consommation d’énergie, artificialisation des sols, etc.) plus accessibles et exploitables. Il développe des outils de datavisualisation et des tableaux de bord pour aider les décideurs publics, au niveau national comme local, à fonder leurs actions sur des faits tangibles. C’est la promotion d’une « écologie par la preuve ».

Cette culture de la donnée se prolonge par une forte appétence pour l’intelligence artificielle (IA). Loin de la vision d’une IA énergivore, l’Ecolab promeut une « IA frugale »et responsable, mise au service de l’environnement. Le laboratoire incube et développe des projets concrets, comme AMELIA, une IA capable de modéliser les pollutions de l’air et le bruit en ville pour mieux guider les politiques d’urbanisme.

En organisant des challenges et des hackathons, il stimule l’écosystème de la data science pour qu’il s’attaque aux grands défis environnementaux. Enfin, l’Ecolab agit comme un catalyseur d’innovation en interne même du ministère, en diffusant les méthodes agiles et la culture de l’expérimentation auprès des agents publics. Il est donc à la fois un pont vers l’écosystème externe des start-ups et un moteur de la transformation interne de l’action publique.